Alors voilà, neuf mois

Publié le par Aidan

Tout d'abord, ce ne sont pas neuf mois juste "comme ça", comme les huit, sept ou autre six mois. Non, ces neuf mois-là on une saveur spéciale. Celle de l'évolution dite Flash Gordon.
Ce que je ne vais pas vous raconter tout de suite se concentre non pas sur un mois entier mais sur les quatre derniers jours ou presque ! Et vous comprendrez dès dans quelques jours la très jolie raison à cela.
Ce que je vais vous raconter aujourd'hui, par contre, tient dans un bon mois d'efforts et de répétitions assidues pour assimilation totale.
Je suis le roi des curieux et c'est d'autant plus agréable maintenant pour moi qui bouge facilement. Je peux scruter ce qui se passe autour de moi, en me penchant dans tous les sens jusqu'à apercevoir ce qui m'intéresse : les activités d'autrui, où le petit objet qui me faisait de l'œil a été caché. Je cherche en permanence l'attention des gens, c'est simple, j'ai un besoin vital de présence et surtout, de la capter. Je fais l'intéressant pour ça ou appelle carrément les gens.
Je me suis approprié bien des mouvements : je fais donc mes petits pas, encore soutenu ; je fais coucou avec mes doigts qui se referment en castagnette ; j'applaudis de bon cœur, particulièrement quand j'ai été le héros d'un fait quelconque (boire, roter, m'asseoir…) ; je (me force à) tousse(r), je dois dire, par mimétisme ; je repousse franchement quand je n'aime pas, ne veux pas. C'est particulièrement flagrant au moment des câlins… je n'aime toujours pas ; j'ai appris à jouer à Poum, la mauvaise tête avec papy, ça se résume à mimer un petit coup de boule, le sourire aux lèvres. Et cela prouve que je comprends de mieux en mieux le langage, les mots qui sont prononcés régulièrement devant moi. Un peu comme un automate qui se mettrait en marche à l'écoute de certains sons, j'ai le réflexe de réagir correctement en fonction de ce que j'entends.
J'ai donc entre mes huit quenottes bien plantées (sorties en l'espace de quelques mois de début février à fin mai), des fruits et des légumes qui transitent, mais aussi de la bonne viande hachée et ça largement depuis avant mes sept mois. Tout ça me fait dire que je vais commencer incessamment sous peu les "morceaux". Je sais déjà mâchouiller mes gâteaux et de la mie de pain, le reste suivra. C'est fou comme j'apprécie tout ce qui passe par ma bouche, nourriture diverse, boisson naturellement sucrée mais aussi, tout ce qui est à porter de doigts, comestible ou non !
Manger est très appréciable mais me tenir concentré durant toute la durée de la besogne est chose impossible. Je suis dissipé, vite ennuyé quand il ne faut faire qu'une seule et unique activité. Ma tête va et vient, mon buste suit le mouvement, je cherche du regard de quoi m'amuser, je tends les mains, j'attrape, je fais tomber etc… forcément, il y a des ratages de cuillères qui terminent ailleurs que dans ma bouche.
On est quand même pas loin des nuits d'une traite, voire même en plein dedans. Des cauchemars ou de brefs moments de panique seul dans le noir (peut-être ?) me font appeler mes parents, de temps en temps. Mais sérieusement, le rythme est tel que ça passe inaperçu. De dodo il est aussi question dans mes nouvelles positions. Je dors maintenant sur le ventre, sur le côté, dans tous les sens voire carrément assis quand j'ai lutté vaillamment contre le sommeil mais que celui-ci l'a finalement remporté, m'entraînant dans les songes tel quel.
Les séparations d'avec mon père, durant la journée et parfois plusieurs jours, quand je suis en vacances, m'ont habitué à faire une véritable fête quand je le revois. Je sais même le reconnaître au téléphone ou quand son visage passe sur l'écran de veille de l'ordinateur. Réaction immédiate : sourire aux lèvres, sautillements dans tous les sens. Je suis fou de mon papa. Maman pensait même à me laisser seul quelques heures par jour pour avoir droit au même traitement en réapparaissant. Pas sûr que le résultat escompté soit celui-ci...
Acquérir cette indépendance, comprendre de mieux en mieux ce qui se passe, se dit autour de moi, c'est un régal. Et à dire vrai, je pense que mes parents en profitent autant que moi. Que du bonheur !

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Publié dans bébé a dit...

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